Nos lieux vous parlent d’amour

Il est des lieux qui vous touchent plus que d’autres, des lieux à la forte personnalité, marqués par l’empreinte de ceux qui y on vécut et qui les ont façonnés. Hôtels particuliers, maison bourgeoise, manoirs campagnards devenus palais, tour à tour refuges ou sources d’inspiration, ils ont tous en commun de nous laisser pénétrer dans l’intimité de leur propriétaire et d’éclairer d’un jour nouveau les petites histoires de la grande Histoire, les affinités qui y sont nées et les passions qui y ont grandi.

En cette journée qui célèbre l’amour, nous vous emmenons à la découverte de nos lieux d’exception témoins de quelques unes des plus belles histoires d’amour à la croisée de l’histoire, des arts et de la littérature.

 

CHATEAU DE MALMAISON – Napoléon et Joséphine, une histoire de passion et d’ambition

Il l’a d’abord aimée passionnément, alors qu’elle le repoussait. Puis elle l’a adoré mais lui songeait à son Empire et à sa postérité. Napoléon et Joséphine restent l’un des couples mythiques de l’Histoire et Malmaison le symbole de cet amour tumultueux.

Ils se rencontrent à l’occasion d’un dîner mondain et Bonaparte tombe immédiatement amoureux de le belle Créole. Joséphine reste froide mais se laisse séduire par la fougue et l’ambition du jeune général à l’avenir prometteur, qui pourrait être à même de lui assurer la sécurité financière qu’elle a perdu dans les affres de la Révolution. Ils se marient civilement au printemps 1796. Elle le trompe de manière éhontée mais lui ouvre les portes des salons les plus en vue et accompagne son ascension fulgurante.

Au printemps 1799 alors que Bonaparte est accaparé par ses conquêtes militaires , Joséphine tombe sous le charme d’une petit château un peu désuet aux portes de Paris, Malmaison. Bonaparte qui ne peut rien lui refuser lui en fait cadeau et elle entame d’important travaux pour faire de cette demeure de campagne un véritable palais où son goût des arts et du luxe trouvera son expression la plus raffinée.

Lieu de pouvoir et de fêtes somptueuses tout au long du Consulat, Malmaison retrouve son calme après le couronnement et le déménagement de la famille impériale aux Tuileries. Plus tard, le domaine devient le refuge de Joséphine lorsque ne pouvant lui donner d’héritier, elle sera contrainte de divorcer de l’Empereur qui se séparera d’elle à contre coeur et lui vouera jusqu’à la fin de sa vie une immense tendresse.

 

DOMAINE DE LA VALLÉE-AUX-LOUPS – les prémices de 30 ans d’amour

Ayant eu le malheur de déplaire à Napoléon, Chateaubriand est contraint de s’exiler de Paris. Il achète en août 1807, le domaine de la Vallée-aux-Loups, situé dans le hameau d’Aulnay. Chateaubriand fait entreprendre des travaux de rénovation dans la maison, et s’y installe avec son épouse. À la Vallée-aux-Loups, il écrit, beaucoup, mais il se livre aussi à sa passion : le jardinage. Il met ainsi en accord ses aspirations et sa vie quotidienne et se plaît à créer le parc de la Vallée-aux-Loups, guidé par ses souvenirs et ses voyages.

En 1817, il rencontre la belle Juliette Récamier. Figure marquante de la vie culturelle de la première moitié du XIXème siècle, célèbre dans toute l’Europe pour sa beauté, Juliette Récamier fut à la fois modèle, mécène, collectionneuse et initiatrice d’un goût nouveau, entre néo-classicisme et débuts du romantisme. Brillante femme d’esprit, elle reçoit dans son salon toute l’élite parisienne et les plus grands penseurs.

Devenue amante, amie et confidente de Chateaubriand, elle séjourne à de nombreuses reprises à la Vallée-aux-Loups y compris après que l’écrivain, confronté à des difficultés financières, soit contraint de vendre le domaine à un ami de Madame Récamier à la fin de 1817. Le domaine de la Vallée-aux-Loups est témoin des débuts de cet amour qui durera 30 ans et en conserve aujourd’hui de nombreux souvenirs et évocations.

 

MAISON DE GEORGE SAND À NOHANT amour apaisé et émulation artistique

Tout au long de son existence, la maison de Nohant, reçue en héritage de sa grand mère paternelle, a constitué un point d’ancrage essentiel pour George Sand. Elle passa une grande partie de son enfance dans cette maison de maître construite au XVIIIème siècle au coeur du Berry et plus tard s’y entoura de ceux qui lui étaient chers: ses enfants, ses amis berrichons ou parisiens parmi lesquels Franz Liszt, Honoré de Balzac, Eugène Delacroix, Pauline Viardot, Théophile Gautier, Gustave Flaubert…

Frédéric Chopin et George Sand se rencontrent en 1839 dans les salons parisiens. La liaison qu’entament l’écrivain engagée, libre et passionnée et le jeune compositeur polonais exilé à Paris à 20 ans, défraie la chronique. Chopin souffre de tuberculose, George Sand l’emmène aux Baléares se refaire une santé mais le séjour se révèle désastreux. Ils se réfugient à Nohant. La vie calme à la campagne sera un long moment d’apaisement où Chopin reprendra espoir et santé. C’est le moment où leur génie s’épanouit. Chopin y composera tous les chefs d’œuvre de la maturité, elle écrit, la nuit, six romans majeurs. Soudé par une complicité artistique hors du commun, le couple passera pendant sept ans de longs étés dans ce cadre de vie privilégié propice à la création.

1846 sera le dernier été ensemble à Nohant avant leur séparation. Revenu à Paris, Chopin ne composera presque plus, avant de mourir en1849 à 39 ans. George Sand lui dédiera La Mare au diable.

 

MAISON DE VICTOR HUGO – Juliette Drouet ou 50 ans d’amour et de dévotion

Victor Hugo rencontre Juliette Drouet en 1833 alors qu’elle joue le rôle de la Princesse Négroni dans la pièce Lucrèce Borgia. Ils deviennent amants bien que l’écrivain soit marié. Très vite, la jeune actrice arrête sa carrière et lui consacre entièrement sa vie. Elle est à la fois sa collaboratrice et son inspiratrice. Ils s’écrivent des milliers de lettres passionnées, dans lesquelles elle démontre un réel talent d’écriture .

Alors que Victor Hugo est contraint de s’exiler avec sa famille à Bruxelles, à Jersey puis à Guernesey suite au coup d’état de décembre 1851, Juliette suit son amant qui l’installe systématiquement à proximité de son lieu de résidence. A la mort d’Adèle, la femme de Victor Hugo, Juliette partage davantage la vie l’écrivain. Elle s’éteint en mai 1883 après 50 ans de dévotion.

Juliette Drouet n’a jamais vécu à l’hôtel de Rohan Guéméné où l’écrivain sa femme et leurs 4 enfants vécurent durant 16 années (1832 -1848) et pourtant cette appartement à l’atmosphère singulière garde de nombreuses traces de cette amante fidèle. Ainsi la salle à manger gothique et l’iconique salon chinois que l’on retrouve aujourd’hui au 2 ème étage du 4 place des Vosges proviennent de Hauteville Fairy ,la maison où logeait Juliette à Guernesey. Ces sompteux décors sont l’oeuvre de Victor Hugo lui-même qui, en plus d’être un écrivain de génie et un homme politique engagé, était aussi un décorateur talentueux.

 

HOTEL LE MAROIS – l’ombre romanesque de Marie Duplessis

Aujour’hui siège de l’Association France-Amérique, l’Hôtel Le Marois est édifié en 1863 par le Comte Le Marois, grand amateur d’art, collectionneur et fils du Général Le Marois, illustre témoin de Napoléon 1er lors de son mariage avec Joséphine de Beauharnais.​​

Sur ce magnifique bâtiment Second Empire flotte un irrésistible parfum de romantisme : l’édifice est construit à l’emplacement d’un hôtel particulier habité par Marie Duplessis, courtisane réputée pour sa beauté et son esprit qui tenait un salon couru du tout Paris des affaires et des arts de l’époque. Alexandre Dumas partagea avec elle une histoire d’amour fiévreuse entre 1844 et 1845 et s’en inspira pour son roman La Dame aux Camélia qu’il écrivit quelques mois après la mort prématurée de la jeune femme. Peu de temps après Verdi mis en musique le roman de Dumas et en fit l’un des opéras les plus joués dans le monde, la Traviata

 

VILLA L’ANGE VOLANT  – une histoire d’amour et d’amitié

C’est à l’occasion de l’Exposition internationale des Arts Décoratifs de 1925 que l’architecte italien Gio Ponti se lie d’amitié avec Tony Bouilhet, héritier de la maison Christofle. La famille Bouilhet confie à Gio Ponti la construction de leur maison de campagne sur la colline de Saint-Cloud, alors terrain d’expérimentation d’architectes modernistes comme Le Corbusier ou Auguste Perret .

Gio et Tony pensaient appeler la villa la Saint-Cloudienne quand un évènement vint bouleverser le cours des choses. Une des nièces par alliance de l’architecte, Carla Borletti, qui n’avait alors que dix-huit ans, se rendit à Paris, accompagnant son père à l’occasion d’un voyage d’affaires. Gio la présenta à Tony. Ce fût le coup de foudre: ils se marièrent, un an plus tard, en septembre 1928. Pour Ponti, un ange avait volé dans l’existence de Tony, aussi la villa fut finalement baptisée l’Ange Volant.

L’Ange volant est l’unique villa réalisée en France par le célébrissime architecte et designer milanais et constitue l’un de ses chefs d’oeuvre .

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