Le Musée Nissim de Camondo ou le XVIIIè siècle rêvé d’un collectionneur

Musée Nissim de Camondo_Cour d'Honneur

Aujourd’hui, nous vous invitons à un extraordinaire voyage dans le temps, en lisière du VIIIè Arrondissement et du Parc Monceau dans un lieu hors du temps et hors des parcours touristiques traditionnels et souvent méconnu des Parisiens eux-mêmes, le Musée Nissim de Camondo .

On y découvre l’ oeuvre d’une vie et d’une passion dévorante, une magnifique collection d’art décoratif français de la seconde moitié du XVIIIè siècle abritée dans une demeure qui reste le seul témoignage conservé dans son intégrité permettant de comprendre le fonctionnement d’une maison particulière de la plaine Monceau à la Belle Epoque.

Les Camondo , les Rothschild de l’Orient

Chassés d’Espagne dont ils sont originaires à la fin du 15è siecle, un temps installés à Venise, les Camondo s’établissent à Constantinople et tout au long du XIXè siècle y bâtissent une immense fortune jusqu’à devenir les banquiers de l’Empire Ottoman. Anoblis par le roi d’Italie dont ils ont soutenus financièrement la réunification, ils s’installent à Paris à la fin du Second Empire afin d’élargir leurs activités. Depuis leur fief de la rue de Monceau, ils deviennent les banquiers de l’Impératrice Eugénie, financent le Canal de Suez, administrent de nombreuses banques et mènent la grande vie de la haute société parisienne. Au fil du temps les différents membres de la famille accumulent des collections d’art de grande valeur.

Le XVIIIè siècle, la passion d’une vie

Moïse de Camondo a 9 ans lorsqu’il arrive à Paris avec sa famille. Initié à l’art par son père et son cousin, membre fondateur des Amis du Louvre, passionné par l’art de vivre au Siècle des Lumières, il a à peine 30 ans quand il entame une collection d’arts décoratifs du XVIIIè siècle qu’il ne cessera d’enrichir tout au long de sa vie: pendant cinquante ans il rassemblera des centaines d’objets, de meubles, et de tableaux provenant de l’aristocratie française de l’Ancien Régime composant un ensemble exceptionnel dont certaines pièces appartenaient à Madame de Pompadour ou à Marie-Antoinette.

Le 63 rue de Monceau , de la demeure au musée

Collectionneur mais également bâtisseur, soucieux de mettre en valeur ses collections, Moïse de Camondo fait démolir l’hôtel particulier de ses parents après la mort de ces derniers en 1911 pour le remplacer par une demeure qu’il conçoit comme un écrin agencé spécifiquement pour y recevoir ses collections.

Le nouvel hôtel particulier est édifié entre 1912 et 1914 par l’architecte de la haute bourgeoisie René Sergent et s’inspire du Petit Trianon de Versailles. Le jardin, comme dans nombre d’autres demeures prestigieuses de cette époque, est dessiné par le célèbre architecte-paysagiste Achille Duchêne.

Si Moïse de Camondo s’emploie à parachever son oeuvre de « reconstitution d’une demeure aristocratique du XVIIIè siècle » , il n’en néglige pas pour autant le confort et la modernité du début du XXè siècle et fait installer dans sa maison des équipement dernier cri tels que le chauffage à air filtré et pulsé, des ascenseurs à air comprimé et une spectaculaire cuisine qui témoigne de l’attention portée par le maître des lieux aux plaisirs de la bouche.

A sa mort en 1935, Moïse de Camondo lègue à l’Union Française des Arts Décoratifs l’hôtel particulier du 63 rue de Monceau , ainsi que tout ce qu’il renferme. Encadré de nombreuses clauses, ce leg stipule entre autre que la demeure doit être transformée en musée, et qu’aucun objet ne doit être retiré, ni même déplacé.

En 1936, suivant la volonté de Moïse, est inauguré le musée Nissim-de-Camondo, en souvenir à la fois du fils perdu au combat en 1917 et du père, qui avait commencé la collection d’œuvres d’art.

Un lieu de réception poétique et intimiste

Fin gourmet, et propriétaire d’une cave réputée, Moïse de Camondo aimait recevoir dans son sompteux hotel particulier.

Aujourd’hui, le Musée Nissim de Camondo est le lieu idéal pour des réceptions élégantes, intimistes où le parfum de la Belle Epoque s’harmonise au raffinement du XVIIIè siècle avec beaucoup de charme et de poésie.

Le Vestibule – C’est ici qu’étaient accueillis les hôtes de Moïse de Camondo. Doublé par une galerie de circulation, ouvert  de plain-pied sur la cour d’honneur,  il peut accueillir 35 convives pour un dîner, 60 pour un cocktail

Le Jardin – Situé à l’arrière du musée et mitoyen du parc Monceau, le jardin offre une vue exceptionnelle sur la façade nord de l’hôtel, inspirée du Petit Trianon. À la belle saison, les réceptions dans le jardin peuvent accueillir jusqu’à 300 personnes.

La visite des collections, oeuvres méticuleusement et passionnément rassemblées par Moïse, le parcours à travers cette demeure restée intacte où le temps semble s’être arrêté, sont un complément essentiel à tout évènement dans ce lieu hors du commun.

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