Le musée de la vie parisienne est de retour!

Dans la frénésie des ouvertures et réouvertures de cette fin de printemps 2021, il en est une particulièrement chère au coeur des Parisiens, la réouverture du musée Carnavalet. Fermé pendant depuis 2016  pour rénovation , le musée consacré à l’histoire de la ville de Paris accueille à nouveau le public depuis la fin du mois de mai et propose un nouveau parcours mettant en valeur les événements qui ont marqué la capitale depuis sa création ainsi que ses personnalités les plus emblématiques.

Avec 3 800 œuvres exposées et 625 000 en réserve, le musée retraçant l’histoire de la capitale n’a pas fini de nous faire voyager à travers les siècles.

Deux hôtels particuliers du XVIème et XVIIème siècle pour un musée unique

Au 23 rue de Sévigné, l’hôtel Carnavalet est un des plus beaux et des plus anciens hotels particuliers du Marais et tient son nom de l’une de ses propriétaires à la fin du XVIème siècle, Françoise de la Baume veuve d’un gentilhomme breton nommé François de Kernevenoy dit de Carnavalet.

Edifié entre 1548 et 1560 pour Jacques des Ligneries président du Parlement de Paris, la bâtisse est un des rares témoins de l’architecture Renaissance à Paris. Sa construction est attribuée à Pierre Lescot qui par ailleurs rénova le Louvre à la même époque. Elle fût agrandie au milieu du XVIIème siècle par François Mansart, initiateur de l’architecture classique française (à qui l’on doit notamment le Château de Maisons).

La Marquise de Sévigné en fût la plus illustre locataire. La célèbre épistolière et fine observatrice de la vie à la cour du Roi Soleil grandit  à quelques rues de là, place des Vosges : elle s’installa à Carnavalet en 1677 et y vécu jusqu’ à sa mort en 1694. Aujourd’hui le musée Carnavalet conserve de nombreux objets en rapport avec Madame de Sévigné, sa famille et son époque : portraits, autographes ou éléments de mobilier.

Après la Révolution , l’hôtel Carnavalet est occupé par diverses institutions avant d’être racheté par la Ville de Paris en 1866 sur les conseils du Baron Haussmann pour en faire le Musée historique de la capitale. Inauguré en 1880 , l’hôtel de Canavalet devenu musée Carnavalet connaitra plusieurs vagues d’extension au fur et à mesure de l’accroissement des collections.

En 1989, la surface du musée Carnavalet s’agrandit significativement par l’adjonction de l’hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau, sobre et majestueuse demeure voisine construite en 1690 par Pierre Bullet.

Un musée qui raconte Paris  

Le musée Carnavalet compte aujourd’hui une collection éclectique de six cent vint-cinq  mille oeuvres couvrant toutes les périodes, de la préhistoire à nos jours: archéologie, peinture, sculpture, mobilier, objets d’art, maquettes d’architecture, monnaies, dessins, estampes, photographies, affiches… ayant un lien avec la ville ou les personnalités qui y on vécu y trouve sa place. Objets authentiques à forte charge émotionnelle on y retrouve par exemple  le nécessaire de campagne de Napoléon Ier, les souvenirs de la famille royale mais aussi ceux des révolutionnaires, la montre de Zola ….

Dès 1871, les travaux d’agrandissement qui précèdent l’ouverture du musée intègrent peu à peu dans les ailes construites autour du jardin, des éléments des bâtiments parisiens démolis lors des travaux d’Haussmann, tels que l’Arc de Nazareth datant du 16ème siècle, le pavillon des Drapiers du 17ème ou le pavillon de Choiseul du 18ème siècle. L’hôtel de Carnavalet devient une sorte de musée de plein air de l’architecture; plusieurs sculptures quittent également leur lieu d’origine pour rejoindre Carnavalet comme par exemple la statue de Louis XIV qui accueille les visiteurs dans la cour d’honneur du musée et que l’on trouvait auparavant à l’Hôtel de Ville.

Sur le même principe, on retrouve à l’intérieur du musée de nombreux décors de boiseries provenant d’intérieurs parisiens et qui constituent aujourd’hui une spécificité remarquable de Carnavalet Ces décors furent remontés en autant de salles et complétés de mobilier, objets d’art et tableaux de même style: ils forment un témoignage rare de l’évolution de la décoration intérieure, à Paris, du XVIIe au XIXe siècle. Par la suite on y a ajouté d’autres ensembles tels que la boutique du bijoutier Georges Fouquet par Alphonse Mucha (1900) ou la salle de bal de l’hôtel de Wendel, peinte par José Maria Sert (1924).

Un parcours repensé, un musée magnifié

Quatre ans de travaux et un budget de 58 millions d’euros auront été nécessaires à la rénovation du musée Carnavalet avec l’objectif de mettre en lumière les bâtiments, révéler au mieux leur architecture et d’améliorer l’expérience du visiteur…

En marge de la remise aux normes techniques du monument, les façades ont été rénovées et sont aujourd’hui resplendissantes. Les vues sur cour et jardin depuis l’intérieur ont été dégagées, apportant de la lumière et révélant toute la beauté de l’architecture d’origine. Le sous-sol voûté de l’hôtel Carnavalet, l’une des parties les plus anciennes du bâtiment, est désormais ouvert au public. Enfin, le musée retrouve son entrée d’origine, située au 23 de la rue de Sévigné, ainsi qu’un nouvel espace d’accueil dans les anciennes écuries du 17e siècle.

Avant sa fermeture, le musée était devenu un vrai dédale qui désorientait les visiteurs qui avaient parfois  l’impression de se trouver face à un immense  cabinet de curiosité. Le parcours a été complètement repensé et suit aujourd’hui une logique chronologique qui invite au fil des 34 salles d’exposition à un véritable voyage dans le temps, une odyssee familière et dépaysante qui commence avec la Pirogue de Bercy, vieille de 6000 ans et prend fin avec l’incendie de Notre Dame. Même la pandémie est évoquée par le biais d’une saisissante photo de Gérard Della Santa, rue de Belleville pendant le confinement, tous rideaux baissés.

Au delà du bâti, la rénovation concerne aussi  les oeuvres :  les  3800 oeuvres exposées (parmi les 625 000 que détient le musée) ont fait l’objet d’une restauration en profondeur. Le nouvel accrochage propose aussi une redécouverte des collections … 60% des oeuvres que l’on peut admirer aujourd’hui étaient jusqu’ici conservées dans les réserves.

Enfin la médiation a été complètement modernisée, comprenant la création de salles de présentation et de dispositifs numériques variés, qui contextualisent les œuvres et livrent des clés de lecture.

Un lieu de réception unique au coeur de Paris

Laissons la parole à Jérome Tréca, Chargé du mécénat au Musée Carnavalet

Si vous deviez résumer le musée Carnavalet en une phrase ?
Une invitation au voyage, à travers les siècles, dans la Ville Lumière.

En ce qui concerne  l’évènementiel, quels sont les atouts du musée Carnavalet ? Comment ont été repensé les espaces de réception ?
Les principaux espaces de réception ont des atmosphères très différentes. Les Galeries des Enseignes , et leur jardin , proposent  un voyage pittoresque dans le Paris d’Antan. L’Orangerie, vaste espace blanc, offre de multiples  possibilités de mises en scène et de décoration.

Proposez-vous des expériences spécifiques pour les entreprises ?
Nous accueillons les entreprises à l’occasion de petit-déjeuners, réunions, cocktails, diners et proposons systématiquement une visites privée de nos collections ou expositions temporaires. Quoi de mieux que d’allier l’utile à l’agréable !

Comment décrieriez-vous l’atmosphère du musée Carnavalet ? 
Sans pareil ! Ses collections couvrent plusieurs millénaires, de la Préhistoire à nos jours. Elles racontent la grande et la petite histoire des parisiennes et parisiens, célèbres ou inconnus.

Une anecdote que vous aimeriez partager ?
La réinstallation des collections du musée a été un moment magique. Tant de personnes et de corps de métiers se sont affairé pendant des semaines dans un élan commun. C’était émouvant de percevoir le professionnalisme, la rigueur et la  passion de tous.

Sauriez-vous nous dire quelles sont vos trois œuvres préférées? 
Le bureau de Madame de Sévigné provenant de son château des Rochers, réalisé en Chine méridionale pour le compte de la Compagnie des Indes, à la fin du XVIIème siècle.
La déclaration des droits de l’homme et du citoyen, d’après Jacques-François Le Barbier. Une peinture offerte au musée Carnavalet par Georges Clémenceau.
La salle de Bal de l’hôtel de Wendel, décorée en 1924 par l’artiste catalan José Maria Sert. Elle représente la Reine de Saba et sa cour qui partent rencontrer le roi Salomon. C’est une débauche de personnages pittoresques, d’animaux, de palais, de perspectives et de mouvement.
Mais trois œuvres préférées, ce n’est pas suffisant…

A vos yeux qu’est-ce qui rend le musée Carnavalet unique?
C’est un musée accessible à tous, tant ses collections sont riches et variées. Sa localisation au cœur du Marais, donc au cœur de Paris, dans des hôtels particuliers des XVIème et XVIIème siècles, ses jardins, la variété de ses décors offrent des moments uniques à Paris.

Articles liés

Hôtel Le Marois : élégance et raffinement Second Empire

En cette fin d’été, nous vous emmenons à la découverte d’une pépite du VIIIème arrondissement de Paris, l’hôtel Le Marois. Situé l’avenue…

En savoir plus

Plongez au coeur du XVIIIème siècle à l’Hôtel de la Marine

L’Hôtel de la Marine a rouvert ses portes samedi 12 juin pour le plus grand bonheur des visiteurs avides de découvrir enfin…

En savoir plus

Les expositions du printemps à ne pas manquer dans nos lieux partenaires!

Choisie avec soin, en écho à une thématique en cours dans votre entreprise par exemple,  la visite privée d’une exposition permet de…

En savoir plus

Rechercher

Compare listings

Comparer