Aliénor d’Aquitaine et l’Abbaye Royale de Fontevraud, destins croisés

A l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, nous avons eu envie de mettre un coup de projecteur sur un lieu emblématique du pouvoir au féminin, l’Abbaye de Fontevraud et un personnage historique qui y est étroitement lié, Aliénor d’Aquitaine. Tout le monde connait son nom mais pas toujours sa véritable histoire … et c’est une véritable saga que la vie de cette reine qui a marqué de sa destinée romanesque et de son tempérament d’insoumise l’histoire de toute l’Europe du Moyen Age.

Aliénor d’Aquitaine, l’indomptée

Célébrée par les troubadours pour sa beauté, mécène et protectrice des arts, redoutée pour son intelligence et son formidable sens politique, Aliénor d’Aquitaine fût reine de France et reine d’Angleterre, eu 10 enfants et vécu jusqu’à 80 ans ce qui est un exploit à une époque où il était fréquent de mourir en couche.

Née en 1122 à Poitier , Aliénor hérite à la mort de son père d’un puissant et vaste duché qui s’étend de la Loire aux Pyrénées et de l ‘Atlantique à l’Auvergne. Elle a 15 ans lorsqu’elle épouse en 1137 le pieux et austère roi de France, Louis VII. Aimant le luxe et la poésie, elle est peu aimée à la cour de France qui la juge extravagante et manipulatrice. Elle donne naissance a deux filles, suit son mari dans la 2ème croisade, le trompe et finit par demander l’annulation de son mariage, fait exceptionnel pour l’époque.

A peine deux mois après l’officialisation de ce que l’on ne nomme pas encore un divorce, elle épouse en 1252 Henri Plantagenet , fougueux héritier du trône d’Angleterre, rival de son ex mari et …de 10 ans son cadet ! En apportant en dot l’Aquitaine à l’Angleterre, elle renverse l’équilibre des forces en Europe.

Devenue reine d’Angleterre en 1254, elle se mêle de politique, administre son Duché d’une main de fer, donne naissance à 8 enfants et finit par pousser ses fils à se révolter contre leur père Henri II afin de prendre le pouvoir. Mais c’est un échec, elle est tenue en captivité en Angleterre pour les 15 prochaines années.

Après la mort d’Henri II, en 1189, elle est libérée par ordre du nouveau roi et fils préféré, Richard Cœur de Lion. Son fils part pour les Croisades c’est elle qui assure l’interim du pouvoir, il est fait prisonnnier , c’est elle qui a près de 75 ans mais infatiguable parcourt les routes d’Europe pour réunir et remettre la rançon . C’est aussi dans ses années-là qu’elle multiplie les séjours à Fontevraud.

Fontevraud, fief des Plantagenêt et refuge d’Aliénor d’Aquitaine

L’Abbaye de Fontevraud est fondée en 1101 par Robert d’Arbrissel, un moine itinérant qui choisit cette région pour établir la communauté d’hommes et de femmes de toute condition qu’il a rassemblés autour de lui au fil de ses pérégrinations dans l’ouest de la France grâce à ses exceptionnels talents d’orateur. S’inspirant de la règle bénédictine, il organise à Fontevraud une vie de pauvreté, de pénitence et de travail. Au cours des années qui suivent la communauté prend de l’ampleur et s’attire rapidement les faveurs des Ducs d’Anjou puis des Plantagenêt qui contribuent à son rayonnement.

Installée stratégiquement aux confins de son Duché d’Aquitaine, à la frontière avec la Touraine et le Poitou, c’est ici que la reine décide de faire inhumer son époux. Elle considère que désormais,l’abbaye se doit devenir ce que la basilique Saint -Denis est aux Capétiens, une nécropole royale qui symbolise la puissance de la dynastie.

En 1199 elle y enterre également son fils bien aimé, Richard Coeur de Lion et s’y retire définitivement pour y vivre ses dernières années. Avant sa mort en 1204 , elle commande des gisants polychrome en tuffau pour sa propre tombe ainsi que celles d’Henri II et de Richard. La dépouille d’Isabelle d’Angouleme , épouse de Jean Sans Terre autre fils d’Alienor rejoindra la nécropole royale en 1249. On peut toujours les admirer aujourd’hui en majesté dans la magnifique église abbatiale de Fontevraud.

Fontevraud, une abbaye de femmes

Dès sa fondation, Fontevraud accueille à la fois des femmes et des hommes. Cependant Robert d’Arbrissel peut être considéré comme un féministe avant l’heure puisqu’en 1115 il désigne une femme pour lui succéder à la tête de l’Abbaye et de l’Ordre de Fontevraud. C’est donc une femme qui gouverne les femmes mais aussi les hommes. Cette situation unique dans l’histoire ne manque pas de provoquer les protestations de ces derniers à de multiples reprises et n’est probablement pas étranger à la volonté d’Aliénor de s’y réfugier à la fin de sa vie.

Ce choix sera toujours défendu et respecté : 36 abbesses dont une grande partie de sang royal, se succéderont à la tête de l’abbaye jusqu’en 1792. L’une d’entre elle en particulier est à signaler : Gabrielle de Rochechouart est nommée abbesse par Louis XIV. Sœur de Madame de Montespan, favorite du roi, Gabrielle brille par son intelligence et sa culture : elle parle plusieurs langues, maîtrise la philosophie et bien sûr la théologie et introduit son goût pour l’art à Fontevraud .

La Révolution Française met brutalement un terme à près de 800 ans de vie monastique sous l’égide des femmes et en 1804, Napoléon décide de transformer l’Abbaye en prison. De son ouverture en 1814 à sa fermeture en 1963, Fontevraud sera considéré comme l’une des prison les plus dures de France .

Fontevraud aujourd’hui, lieu de rencontre et cité idéale

Riche de son histoire prestigieuse et, depuis toujours, à la croisée de chemins spirituels, intellectuels et artistiques, l’Abbaye Royale de Fontevraud poursuit  l’ambition de la Cité Idéale voulue par son fondateur. Fontevraud propose un projet pluridisciplinaire articulant histoire et patrimoine, création, débats de société, spectacles vivants et arts et s’organise autour de 4 dimensions principales: Cité créative, Cité numérique, Cité durable et Cité hospitalière. Elle accueille quotidiennement visiteurs, artistes en résidence et congressistes. Programmation culturelle, expositions et innovations numériques invitent chacun à vivre sa propre expérience de Fontevraud.

C’est cette effervescence intellectuelle et culturelle doublé d’une environnement architectural de toute beauté où se croisent la sobriété de l’art roman, les décors de la Renaissance et le raffinement du XVIIIème siècle conjugué à une nature omniprésente qui font de l’Abbaye de Fontevraud un lieu exceptionnel pour l’organisation d’évènements et en particulier de séminaires . De la convention d’entreprise avec plénière de 400 personnes au comité de direction en passant par la réception de prestige, toutes les configurations sont possibles à Fontevraud avec en toile de fond un hôtel au design chaleureux et respectueux de son environnement patrimonial, une gastronomie de haut vol, des équipements dernier cri et un tout nouveau musée qui vient compléter l’offre multiple et déclinable à l’envie d’un lieu dédié depuis sa fondation à la formation, à l’échange et à la transmission.

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